Морган Райс Vainqueur, Vaincu, Fils
Vainqueur, Vaincu, Fils
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Морган Райс Vainqueur, Vaincu, Fils

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Jeva le regarda en se demandant si c'était vrai. A une époque maintenant révolue, elle n'en aurait pas douté.

“Il m'a attaquée”, dit Jeva. “Il n'était pas aussi rapide qu'il le croyait.”

Les autres personnes présentes hochèrent la tête. De telles choses pouvaient arriver dans ces régions, qui étaient les plus dures du monde. Jeva se força à avoir l'air impassible de façon à ne pas montrer la culpabilité qu'elle ressentait.

“Tu es venue nous demander quelque chose”, dit le Messager.

Jeva hocha la tête. “Oui.”

“Alors, demande.”

Jeva réfléchit pour rassembler ses pensées. “Je demande de l'aide pour l'île de Haylon. Une grande flotte l'attaque conformément aux ordres de la Première Pierre. Je pense que notre peuple peut faire la différence.”

Alors, des voix s'élevèrent, parlant toutes en même temps. Il y avait des questions et des exigences, des accusations et des opinions et elles semblaient toutes se mélanger.

“Elle veut qu'on aille mourir pour elle.”

“On a déjà entendu ce discours !”

“Pourquoi se battre pour des gens qu'on ne connaît pas ?”

Jeva attendit, indifférente à tous ces arguments. Si la discussion tournait mal, elle aurait toutes les chances de ne pas ressortir vivante de cette pièce. Vu qui elle était, elle aurait dû avoir une sensation de paix à cette idée mais elle se surprit aussi à penser à Thanos, qui l'avait sauvée au risque de sa vie, et à tous les gens qui étaient coincés sur Haylon. Ils avaient besoin qu'elle réussisse.

“On devrait la donner en offrande aux morts pour tout ce qu'elle a fait !” cria l'un d'eux.

Alors, le Messager des Morts s'approcha de Jeva en levant les mains pour obtenir le silence.

“Nous savons ce que notre sœur nous demande”, dit le Messager. “Maintenant, ce n'est pas le moment de parler. Nous ne sommes que les vivants. Maintenant, il est temps d'écouter les morts.”

Il tendit la main vers sa ceinture et en tira une bourse remplie des poudres sacrées mêlées aux cendres des ancêtres. Il jeta la bourse dans le bûcher et les flammes jaillirent.

“Respire, ma sœur”, dit le Messager. “Respire et vois.”

Jeva inhala la fumée jusqu'au plus profond de ses poumons. Les flammes dansèrent dans la fosse au-dessous d'elle et, pour la première fois en des années, Jeva vit les morts.

Cela commença par l'esprit de l'homme qu'elle avait tué. Il se dégagea de son cadavre en combustion et traversa les flammes pour la rejoindre.

“Tu m'as tué”, dit-il avec ce qui semblait être du choc. “Tu m'as tué !”

Alors, il la frappa et, alors que les morts n'auraient pas dû pouvoir toucher les vivants, Jeva sentit quand même le coup avec autant de certitude que s'il l'avait giflée de son vivant. Il la frappa puis recula en la regardant avec l'air d'attendre quelque chose.

Alors, les autres morts vinrent à Jeva et ils ne furent pas plus aimables que le jeune homme qu'elle avait tué. Ils étaient tous là : les gens qu'elle avait tués de ses propres mains, ceux qu'elle avait mené à la mort sur Haylon. Ils vinrent la retrouver un par un et, un par un, ils frappèrent Jeva, lui envoyant des coups qui la firent tituber, l'épuisèrent, la réduisirent à une chose qui se recroquevillait par terre.

Cela sembla durer une éternité. Finalement, ils s'éloignèrent de Jeva, qui put relever les yeux. Elle eut la surprise de voir Haylon, l'île entourée par les navires, la bataille qui faisait rage.

Elle vit les navires du Peuple des Os foncer dans ceux de leurs attaquants, les transpercer et leurs guerriers se répandre sur la côte. Elle les vit se battre, tuer et mourir. Jeva en vit mourir un nombre qu'elle n'avait déjà vu qu'une fois, à Delos.

“Si tu les emmènes à Haylon, ils mourront”, dit une voix qui semblait être composée des voix de mille ancêtres à la fois. “Ils mourront comme nous sommes morts.”

“Est-ce qu'ils gagneront ?” demanda Jeva.

Il y eut un bref silence puis la voix répondit. “Il est possible de sauver l'île.”

Donc, ce ne serait pas un geste dénué de sens. Ce ne serait pas la même chose qu'à Delos.

“Ce sera la fin de notre peuple”, dit la voix. “Certains survivront mais pas nos tribus. Notre culture disparaîtra. Beaucoup d'autres nous rejoindront et t'attendront dans la mort.”

Ces paroles firent brusquement peur à Jeva. Elle avait senti la colère de ceux qui avaient péri, senti leurs coups. Le jeu en valait-il la chandelle ? Pouvait-elle faire ça à tout son peuple ?

“Et tu mourrais”, continua la voix. “Si tu l'annonces à notre peuple, il te tuera.”

Lentement, Jeva sentit qu'elle revenait à elle-même. Elle se retrouva sur le plancher situé devant le bûcher. Jeva mit une main au visage et vit sa main se couvrir de sang, bien qu'elle ne sache pas s'il s'agissait de l'effort occasionné par la vision ou de la violence des morts. Elle se força à se relever et contempla la foule assemblée.

“Dis-nous ce que tu as vu, ma sœur”, dit le Messager des Morts.

Jeva resta à le regarder, essayant de jauger combien il en avait vu, s'il avait vu quelque chose. Pouvait-elle mentir à ce moment-là ? Pouvait-elle dire aux personnes assemblées que les morts soutenaient tous le plan ?

Jeva savait qu'elle ne pouvait pas mentir comme ça, même pour Thanos.

“J'ai vu la mort”, dit-elle. “Votre mort, ma mort. La mort de tout notre peuple si nous partons à la guerre.”

Un murmure s'éleva partout dans la pièce. Son peuple ne craignait pas la mort mais la destruction de tout leur mode de vie était une chose différente.

“Vous m'avez demandé de parler pour les morts”, dit Jeva, “et ils ont dit que, à Haylon, nous pourrions remporter la victoire en sacrifiant notre peuple.” Elle inspira et pensa à ce que Thanos aurait fait. “Je ne veux pas parler pour les morts. Je veux parler pour les vivants.”

Les murmures changèrent de ton et devinrent plus confus. A quelques endroits de la pièce, ils devinrent aussi plus colériques.

“Je sais ce que vous pensez”, dit Jeva. “Vous pensez que je commets un sacrilège. Cela dit, il y a une île pleine de gens qui attendent notre aide. J'ai vu les morts et ils m'ont maudite pour leur décès. Savez-vous ce que cela nous révèle ? Que la vie compte ! Que la vie de tous ceux qui mourront si nous ne les aidons pas compte. Si nous ne les aidons pas, nous laisserons le mal se répandre. Nous permettrons que ceux qui voudraient vivre en paix se fassent massacrer. Je compte m'y opposer, pas parce que les morts l'exigent mais parce que les vivants l'exigent !”

Alors, il y eut du vacarme dans la salle. Le Messager des Morts les regarda tous puis se tourna vers Jeva. Il la poussa vers la porte.

“Tu devrais partir”, dit-il. “Pars avant qu'ils te tuent pour blasphème.”

Pourtant, Jeva ne partit pas. Les morts lui avaient déjà dit qu'elle mourrait si elle faisait ça. Si c'était le prix à payer pour obtenir de l'aide, elle le paierait. Elle resta sur place comme un point de silence au centre des disputes qui émaillaient la pièce. Quand un homme courut vers elle, elle le repoussa d'un coup de pied et resta debout. A ce stade, c'était tout ce qu'elle pouvait faire. Elle attendit le moment où l'un d'eux finirait par la tuer.

Jeva fut très surprise quand ils ne le firent pas. En fait, le bruit ambiant diminua jusqu'à disparaître et les gens présents se tinrent devant elle en la regardant. Un par un, ils se mirent à genoux et le Messager des Morts s'avança.

“On dirait qu'on va t'accompagner à Haylon, ma sœur.”

Jeva clignota des yeux. “Je … ne comprends pas.”

Elle aurait dû être morte, à ce stade. Les morts lui avaient dit que c'était le sacrifice qu'ils voulaient.

“As-tu complètement oublié nos coutumes ?” dit le prêtre. “Tu nous as offert une mort digne de ce nom. Pourquoi protesterions-nous ?”

Alors, Jeva tomba à genoux avec les autres. Elle ne savait pas quoi dire. Elle s'était attendue à mourir et avait en fait survécu. Maintenant, il fallait juste qu'elle fasse en sorte que cela compte pour quelque chose.

“Nous arrivons, Thanos”, promit-elle.

CHAPITRE HUIT

Sans tenir compte de la douleur que lui infligeaient ses blessures, Irrien chevauchait vers le sud sur des pistes déjà rendues boueuses par le passage de son armée. Il se forçait à rester droit sur sa selle et à cacher les douleurs terribles qu'il ressentait. Il ne ralentit ni ne s'arrêta, malgré ses nombreuses coupures, ses bandages et ses points de suture. Les choses qui les attendaient au bout de ce voyage étaient trop importantes pour être remises à plus tard.

Ses hommes voyageaient avec lui. Ils revenaient à Delos encore plus vite qu'ils n'avaient mené leur assaut contre le Nord. Certains d'entre eux allaient plus lentement parce qu'ils conduisaient des lignes d'esclaves ou des chariots de butin mais la plupart d'entre eux chevauchaient avec leur seigneur, prêts à livrer les batailles encore à venir.

“J'espère pour toi que tu ne t'es pas trompé”, dit sèchement Irrien à N’cho.

L'assassin chevauchait à côté de lui avec le calme en apparence infini qu'il dégageait toujours, comme si la horde des guerriers d'élite d'Irrien qui se ruait derrière lui n'était rien.

“Quand nous atteindrons Delos, vous verrez, Première Pierre.”

Il ne leur fallut pas longtemps pour atteindre Delos. Cela dit, à ce moment-là, le cheval d'Irrien respirait avec difficulté, les flancs en nage. N’cho s'écarta de la route et Irrien le suivit jusqu'à un espace rempli de ruines et de pierres tombales. Quand il finit par s'arrêter, Irrien regarda autour de lui. L'endroit ne l'impressionnait guère.

“C'est ça ?” demanda-t-il.

“C'est ça”, lui assura N’cho. “C'est un espace où le monde est assez faible pour invoquer … d'autres choses. Des choses qui pourraient tuer un Ancien.”

Irrien descendit de cheval. Il aurait dû pouvoir le faire avec grâce et aisance mais la douleur de ses blessures le fit atterrir lourdement. Cela lui rappela ce que l'assassin et ses collègues lui avaient fait et que N’cho le lui paierait s'il ne pouvait pas tenir sa promesse.

“Cet endroit ressemble à un simple cimetière”, dit sèchement Irrien.

“C'est un lieu de mort depuis le temps des Anciens”, répondit N’cho. “Il y a eu tant de mort ici que le lieu en est resté presque ouvert. Il ne nous faudra que les bonnes paroles, les bons symboles et, bien sûr, les bons sacrifices.”

Irrien aurait dû le deviner, de la part d'un homme qui s'habillait comme un des prêtres de la mort. Pourtant, si celui-ci pouvait lui donner le moyen de tuer l'enfant des Anciens, cela en vaudrait la peine.

“On va emmener des esclaves”, promit-il. “Cependant, si tu échoues, tu les rejoindras dans la mort.”

Le plus effrayant, ce fut l'absence de réaction à ces paroles de la part de l'assassin, qui garda son calme et avança vers un endroit qui semblait avoir été l'emplacement d'une tombe collective tout en sortant des poudres et des potions de ses robes et en commençant à apposer des marques sur le sol.

Irrien attendit et regarda, assis dans l'ombre projetée par une des tombes locales, essayant de cacher la violence des douleurs qu'il ressentait après cette longue chevauchée. Il aurait aimé entrer à Delos, se baigner et se soigner ses blessures, peut-être se reposer un peu. Cependant, s'il le faisait, ses hommes demanderaient pourquoi il n'était pas ici, en train de regarder tout ce qui se passait. Ce serait un signe de faiblesse.

Donc, au lieu d'entrer à Delos, il envoya des hommes chercher des victimes sacrificielles et une liste d'autres choses dont N’cho avait dit avoir besoin. Il fallut plus d'une heure pour qu'on lui ramène quelque chose de la ville et, même quand ce fut fait, il se retrouva avec une collection d'objets plus étrange que tout ce qu'il avait jamais demandé. Une dizaine de prêtres de la mort arrivèrent avec les esclaves et les onguents, les bougies et les brasiers.

Irrien vit N’cho sourire de leur présence avec une assurance qui lui indiqua qu'il était sincère.

“Ils veulent voir comment cela se fait”, dit-il. “Ils veulent voir si c'est même possible. Ils croient mais ne croient pas.”

“Je croirai quand je verrai des résultats”, dit Irrien.

“Alors, vous les aurez, mon seigneur”, répondit l'assassin.

Il repartit dans l'espace qu'il avait marqué des symboles de son art, y disposa des bougies et les alluma. Il fit signe qu'on emmène les esclaves et, un par un, il les attacha aux pieux plantés autour de la bordure du cercle qu'il avait tracé, les oignant d'huiles qui les firent se tortiller et implorer sa pitié.

Ce ne fut rien par rapport aux cris qu'ils poussèrent quand l'assassin les enflamma. Irrien entendit certains de ses hommes, confrontés à cette brutalité nonchalante, pousser des cris de surprise ou se plaindre du gaspillage. Irrien ne bougea pas. Si cela ne fonctionnait pas, il aurait tout le temps de tuer N’cho plus tard.

Cela dit, le sortilège fonctionna d'une manière qu'Irrien n'aurait jamais pu prévoir.

Il vit N’cho reculer du cercle en psalmodiant. Alors, le terrain qui se trouvait dans le cercle sembla s'effondrer comme une doline aurait pu s'ouvrir dans les déserts de poussière auxquels Irrien était habitué. Les victimes sacrificielles hurlantes et brûlantes y tombèrent sans que N’cho s'arrête de psalmodier.

Irrien entendit les grincements et les craquements des tombes quand elles se mirent à s'ouvrir. Une tombe située près de l'endroit où Irrien se tenait se fendit avec un son de terre qui se déchirait et Irrien vit des os qui s'en détachaient comme aspirés par un tourbillon, attirés vers le trou creusé dans le sol et disparaissant sans laisser de trace.

D'autres les suivirent, se déversant dans cet espace comme s'ils y étaient attirés, se ruant bruyamment vers lui à la vitesse de javelots lancés. Irrien vit un homme se faire empaler par un fémur puis emporter dans la fosse. Il hurla en tombant puis tout fut silencieux.

Pendant plusieurs secondes, on n'entendit plus rien. N’cho fit signe aux prêtres de la mort d'avancer. Ils vinrent, le rejoignirent, visiblement impatients de voir ce qu'il faisait. Irrien pensa qu'ils étaient vraiment idiots de faire passer leur soif de pouvoir avant tout le reste, même leur survie.

Irrien devina ce qui allait se produire avant même qu'une grande main crochue ne surgisse de la caverne qui s'était ouverte et se saisisse de l'un d'eux. Les griffes transpercèrent le prêtre puis la main se mit à l'entraîner dans le trou pendant qu'il suppliait qu'on l'épargne.

Pendant que la créature donnait des coups de griffe au moribond, N’cho passa une chaîne légère en argent autour du membre de la créature avec autant de facilité que s'il avait entravé un cheval. Il tendit la chaîne à un groupe de soldats qui la tinrent avec précaution comme s'ils s'attendaient à être les prochaines victimes.

“Tirez”, ordonna-t-il. “Tirez ou vous mourrez.”

Les hommes regardèrent Irrien, qui hocha la tête. Même si cela coûtait quelques vies, cela en vaudrait la peine. Il regarda les hommes tirer, faire les mêmes efforts que s'ils avaient hissé une lourde voile. Ils ne tirèrent pas la bête de sa caverne mais semblèrent capables de la persuader de bouger.

La créature sortit maladroitement du trou sur ses pattes griffues. Elle avait une peau fine comme du papier et parcheminée sur des os dont la longueur dépassait la taille d'un homme. Certains de ces os sortaient de la peau en formant des pointes et des épines dorsales qui étaient aussi longues que des pointes de lance. La bête était aussi haute que la flanc d'un grand navire. Elle avait l'air puissante et impossible à arrêter. Sa tête faisait penser à celle d'un crocodile et elle était couverte d'écailles. Au milieu du crâne, un grand œil unique brillait d'un regard jaune et maléfique.

N’cho arriva avec d'autres chaînes. Il courut autour de la créature et les tendit à d'autres hommes. Bientôt, une compagnie entière de guerriers retint la bête de toutes ses forces. Même enchaînée comme ça, la créature était horriblement dangereuse. Elle semblait dégager une sensation de mort. L'herbe qui l'entourait se desséchait à cause de sa simple présence.

Irrien se leva. Il ne tira pas son épée, mais seulement parce qu'il n'y avait aucune raison de le faire. Comment pouvait-on tuer une chose qui n'était visiblement pas vivante d'une façon qu'il puisse comprendre ? Mieux encore, pourquoi voudrait-il la tuer alors que c'était exactement ce qu'il lui fallait pour affronter les défenseurs de Haylon et la fille qui était censée être plus dangereuse que toute son armée ?

“Comme je vous l'avais promis, Première Pierre”, dit N’cho en faisant un geste qui rappelait celui d'un esclavagiste montrant un butin particulièrement coûteux. “Cette créature est plus dangereuse que toutes les autres.”

“Assez dangereuse pour tuer un Ancien ?” demanda Irrien.

Il vit l'assassin hocher la tête comme un forgeron fier de sa création.

“C'est une créature de mort pure, Première Pierre”, dit-il. “Elle peut tuer tout ce qui vit. J'imagine que cela vous satisfait ?”

Irrien regarda les hommes s'efforcer de la contenir et essaya d'évaluer la force brute de la chose. Il ne pouvait imaginer essayer de la combattre. Il ne pouvait imaginer qui que ce soit survivre à son attaque. L'espace d'un instant, cet œil unique rencontra le sien et la seule chose qu'Irrien y vit fut de la haine : une haine profonde et durable pour tout ce qui vivait.

“Si tu peux la renvoyer d'où elle vient par la suite”, dit Irrien. “Je n'ai aucune envie qu'elle se jette sur moi.”

N’cho hocha la tête. “Ce n'est pas une créature prévue pour ce monde, Première Pierre”, dit-il. “Le pouvoir qui la soutient finira par se consumer avec le temps.”

“Emmenez-la aux bateaux”, ordonna Irrien.

N’cho hocha la tête, fit signe aux hommes, donna des ordres pour que ces derniers tirent où il fallait et assez fort. A un moment, Irrien vit un des hommes faire un faux pas. La bête lui envoya un coup qui le coupa en deux.

Irrien n'avait pas peur de grand chose mais cette chose l'effrayait. Tant mieux, cela dit. Cela signifiait qu'elle était forte. Assez forte pour tuer ses ennemis.

Assez puissante pour mettre fin à cette guerre une fois pour toutes.

CHAPITRE NEUF

Impatiente, Stephania attendait dans une salle de réception de la vaste demeure d'Ulren, se forçant à rester aussi impassible que les statues qui ornaient l'endroit malgré la peur qu'elle ressentait alors. Elle avait peur, bien qu'elle ait tout prévu pour ce moment et malgré tout ce qu'elle avait fait pour en arriver là.

Se souvenant de sa tentative de séduction d'Irrien, elle savait que tout pouvait se dérouler très mal. Un mauvais pas et elle pourrait mourir ou, pire encore, être vendue à un homme riche pour être son jouet. Elle espéra que l'ex-Deuxième Pierre serait plus facile à courtiser que la Première.

La présence permanente des voyous qui l'avaient emmenée en ce lieu ne faisait rien pour détendre Stephania. Ils ne lui parlaient ni ne la traitaient avec la déférence qu'exigeait sa position. En fait, les deux hommes restaient près de la porte comme des gardiens de prison. La femme, elle, était partie dire à Ulren que Stephania était arrivée.

Stephania passa son temps à imaginer la meilleure façon de se présenter. Elle choisit un endroit où un sofa trônait au centre de la pièce, s'inclina dessus avec élégance, même avec séduction. Elle voulait qu'Ulren comprenne dès les premiers moments ce qu'elle était venue faire ici.

Quand la Deuxième Pierre entra dans sa salle de réception accompagné de la femme voyou, Stephania dut se retenir de se lever et de partir. Elle eut encore plus de mal à garder le sourire mais elle s'était longtemps entraînée à déguiser ce qu'elle ressentait vraiment.

Même si les statues d'Ulren montraient un jeune homme à la beauté sauvage dans ses plus belles années, maintenant, la Deuxième Pierre était loin de leur ressembler. Ulren était vieux. Pire que ça, le temps n'avait pas été tendre avec lui en le couvrant de rides et de taches brunes, en le rendant presque chauve et en le recouvrant de cicatrices. C'était la sorte d'homme dont les filles nobles se moquaient parce que les plus pauvres d'entre elles étaient forcées d'en épouser un pour l'argent. Ce n'était pas un homme que Stephania aurait dû envisager comme mari potentiel.

“Première Pierre Ulren”, dit Stephania, se levant avec un sourire. “Quel plaisir de finalement vous rencontrer.”

Elle mentait parce que l'enjeu était beaucoup plus important que l'argent. Cet homme pouvait lui rendre son royaume. Il pouvait lui restituer ce qu'on lui avait dérobé, et plus encore.

“Ma servante me dit que tu es Stephania, la noble qui a brièvement été reine de l'Empire”, dit Ulren. “Tu as fait circuler des rumeurs pour attirer mon attention. Maintenant, tu l'as. J'espère que tu ne le regretteras pas.”

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