Блейк Пирс Piege Mortel
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Блейк Пирс Piege Mortel

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Seules quelques-uns d’entre eux venaient tout juste de sortir du programme de stages. John Welch, qui était assis quelques rangs devant elle, était l’un d’eux. Comme Riley, il avait été exempté de la règle selon laquelle toutes les recrues devaient avoir au moins trois ans d’expérience à temps plein dans les forces de l’ordre pour entrer à l’Académie.

Swanson termina son discours...

— J’ai hâte de serrer la main de ceux d’entre vous qui réussiront ici à Quantico. Ce jour-là, vous serez assermenté par le directeur du FBI, Bill Cormack lui-même. Bonne chance à vous tous.

Puis il ajouta d’un rire sévère :

— Et maintenant, au travail !

Un instructeur prit la place de Swanson sur le podium et commença à appeler les noms des recrues, les « NATs », qui signifiait « New Agents in Training ». Quand les NATs répondaient à leurs noms, l’instructeur leur assignait des groupes plus petits qui allaient prendre leurs cours ensemble.

Alors qu’elle attendait impatiemment que son nom soit appelé, Riley se souvint à quel point les choses avaient été pénibles lorsqu’elle était arrivée ici la veille. Après son arrivée, elle avait fait la queue, rempli des formulaires, acheté un uniforme et obtenu son assignation de chambre de dortoir.

La journée d’aujourd’hui allait s’avérer bien différente.

Elle sentit un picotement lorsqu’elle entendit le nom de John Welch appelé pour un groupe pour lequel elle n’avait pas été choisie. Elle pensait qu’il serait peut-être utile d’avoir un ami à ses côtés sur qui compter et comme soutient pour les difficiles semaines à venir. D’un autre côté, elle se dit...

C’est peut-être mieux comme ça.

Étant donné ses sentiments quelque peu confus au sujet de John, sa présence pourrait s’avérer être une distraction.

Riley fut finalement soulagée, cependant, de se retrouver dans le même groupe que Francine Dow, la colocataire qu’on lui avait assignée la veille. Frankie, comme elle préférait qu’on l’appelle, était plus âgée que Riley, peut-être presque 30 ans ; une rouquine pleine d’entrain dont les traits rougis laissaient entendre qu’elle avait déjà beaucoup vécu dans la vie.

Riley et Frankie ne se connaissaient pas du tout. La veille, elles avaient à peine eu le temps de défaire leurs bagages et de s’installer dans leur petite chambre de dortoir, et elles étaient parties chacune de leur côté pour le petit déjeuner.

Finalement, le groupe de NATs de Riley fut convoqué dans le couloir par l’agent Marty Glick, l’instructeur du groupe. Glick avait l’air d’avoir la trentaine. Il était grand et avait la musculature d’un footballeur, et une expression sérieuse et impassible sur le visage.

Il dit au groupe...

— Vous avez une grosse journée devant vous. Mais avant de commencer, il y a quelque chose que je veux vous montrer.

Glick les mena dans le hall d’entrée principal, une pièce énorme avec un sceau du FBI au milieu de son sol en marbre, une énorme plaque en bronze sur un mur avec une bande noire au travers. Riley était passée par ici quand elle était arrivée, et elle savait qu’on l’appelait le « Hall of Honor ». C’était un endroit solennel où les agents du FBI tombés en service étaient commémorés.

Glick les emmena à un mur avec deux expositions de portraits et de noms. Entre les présentoirs se trouvait une plaque encadrée sur laquelle on pouvait lire...

Les diplômés de l’Académie nationale qui ont été tués dans l’exercice de leurs

fonctions en conséquence directe d’une action adverse.

De petites halètements passèrent à travers le groupe lorsqu’ils découvrirent le sanctuaire. Glick resta silencieux un instant, il laissait simplement l’impact émotionnel les mots de la plaque se faire sentir.

Finalement, il dit, presque à voix basse...

— Ne les laissez pas tomber.

Tandis qu’il emmenait le groupe de NATs pour commencer leurs activités de la journée, Riley jeta un coup d’œil par-dessus son épaule aux portraits sur le mur. Elle ne put s’empêcher de se demander...

Ma photo sera-t-elle là un jour ?

Bien sûr, il n’y avait aucun moyen de le savoir. Tout ce dont elle était sûre, c’était que les jours à venir lui apporteraient des défis qu’elle n’avait jamais rencontrés auparavant dans sa vie. Elle se sentit bouleversée par un nouveau sens des responsabilités envers ces agents martyrs.

Je ne peux pas les laisser tomber, pensa-t-elle.

CHAPITRE SEPT

Jake conduisait le véhicule emprunté à la hâte le long d’un réseau de routes en gravier de Dighton vers la ville de Hyland. Le chef Messenger lui avait prêté la voiture pour que Jake puisse partir avant l’atterrissage de l’hélicoptère des médias.

Il n’avait aucune idée de ce qui l’attendait à Hyland, mais il était satisfait d’avoir échappé à ces nuisibles. Il détestait être harassé par des journalistes qui lui posaient des questions auxquelles il ne pouvait pas répondre. Il n’y avait pas grand-chose que les médias appréciaient d’avantage que les crimes sensationnels dans des paysages bucoliques et éloignés. Le fait que la victime était la femme d’un maire rendait certainement l’histoire d’autant plus irrésistible pour eux.

Il conduisait la fenêtre ouverte, profitant de l’air frais de la campagne. Messenger lui avait annoté une carte, et Jake appréciait la ballade tranquille sur les routes de campagne. L’homme qu’il allait interroger n’irait nulle part avant son arrivée.

Bien sûr, le suspect de la prison de Hyland n’avait peut-être rien à voir avec les deux meurtres. Il était en détention au moment de la mort de la seconde victime.

Non pas que cela prouve son innocence, pensa Jake.

Il y avait toujours la possibilité qu’une équipe de deux tueurs ou plus soit au travail. Hope Nelson avait pu être la victime d’un imitateur, s’inspirant du meurtre d’Alice Gibson.

Rien de tel ne surprendrait Jake. Il avait travaillé sur des affaires plus étranges au cours de sa longue carrière.

Lorsque Jake arriva à Hyland, la première chose qu’il remarqua fut à quel point la ville paraissait petite et endormie ; beaucoup plus petite que Dighton, avec sa population d’environ mille habitants. Le panneau qu’il venait de passer indiquait que seulement 200 personnes vivaient ici.

A peine plus grand qu’un lieu-dit, pensa Jake.

Le poste de police n’était qu’une vitrine de plus dans la petite rue commerçante. Alors qu’il se garait le long du trottoir, Jake vit un homme obèse en uniforme adossé dans le chambranle de la porte, comme s’il n’avait rien d’autre à faire.

Jake sortit de la voiture. Alors qu’il se dirigeait vers le poste de police, il remarqua que le gros flic fixait quelqu’un de l’autre côté de la rue. C’était un homme portant une veste médicale blanche, se tenant simplement là, les bras croisés. Jake eut l’étrange impression que ces deux-là se regardaient en silence depuis un bon moment.

De quoi s’agit-il ? se demanda-t-il.

Il s’approcha de l’homme en uniforme dans l’entrée et lui montra son insigne. L’homme se présenta comme étant le shérif David Tallhamer. Il mâchait une chique de tabac.

— Entrez, dit-il à Jake d’un ton ennuyé, venez que je vous présente notre invité, Phil Cardin qu’il s’appelle.

Alors que Tallhamer ouvrit le chemin vers l’intérieur, Jake jeta un coup d’œil en arrière et vit que l’homme à manteau blanc ne bougeait pas de sa place.

Une fois dans le poste de police, Tallhamer présenta Jake à un adjoint qui était assis les pieds sur un bureau en train de lire un journal. L’adjoint fit un signe de tête à Jake et retourna à sa lecture.

Le petit poste semblait saturé d’un étrange sentiment d’ennui. Si Jake ne l’avait pas déjà su, il n’aurait jamais deviné que ces deux flics blasés avaient eu affaire à un meurtre horrible.

Tallhamer conduisit Jake à travers une porte à l’arrière du bureau qui menait à la prison. La prison n’était composée que de deux cellules se faisant face à travers un étroit couloir. Elles étaient toutes les deux occupées en ce moment.

Dans une cellule, un homme vêtu d’un costume de ville était étendu sur son lit et ronflait bruyamment. En face, un homme à l’air renfrogné, vêtu d’un jean et d’un t-shirt, était assis sur sa couchette.

Tallhamer sortit ses clés et ouvrit la cellule du prisonnier assis.

— Tu as de la visite, Phil. Un authentique agent du FBI qu’il a dit.

Jake entra dans la cellule tandis que Tallhamer se tenait juste à l’extérieur, gardant la porte de la cellule ouverte.

Phil Cardin plissa les yeux sur Jake.

— FBI, hein ? Peut-être que vous pourriez apprendre à l’adjoint Dawg comment faire son putain de boulot. Je n’ai tué personne, encore moins mon ex-femme. Si c’était le cas, je serais le premier à m’en vanter. Alors laissez-moi sortir d’ici.

Est-ce que quelqu’un lui a parlé de l’autre meurtre ? se demanda Jake.

Jake avait l’impression que Cardin ignorait tout à ce sujet. Il se dit qu’il valait mieux que les choses restent ainsi, du moins pour l’instant.

— J’ai quelques questions, M. Cardin, dit Jake. Souhaitez-vous la présence d’un avocat ?

Cardin gloussa et pointa du doigt l’homme endormi dans la cellule opposée.

— Il est déjà présent, à sa manière, dit Cardin.

Puis il cria en direction de l’homme...

— Hé, Ozzie. Dessoûle un peu, tu veux ! J’ai besoin d’un avocat. Assure-toi que mes droits ne soient pas violés. Bien que je suppose qu’il soit un peu tard pour ça, espèce d’enfoiré d’ivrogne incompétent.

L’homme au costume froissé se releva et se frotta les yeux.

— Pourquoi tu cries comme ça, bon sang ? grommela-t-il. Tu ne vois pas que j’essaie de dormir un peu ? Bon Dieu, j’ai une putain de migraine.

Jake en fut bouche bée. Le gros shérif se mit à rire de son évidente surprise.

— Agent Crivaro, dit Tallhamer, j’aimerais vous présenter Oswald Hines, le seul avocat de la ville. De temps en temps, il est appelé à la défense publique. Comme par hasard, il a été arrêté il y a quelque temps pour ivresse et trouble à l’ordre public, alors il est ici, à portée de main. Non pas que ce soit un événement inhabituel.

Oswald Hines toussa et grogna.

— Ouais, je suppose que c’est vrai, dit-il. C’est un peu ma maison loin de chez moi, ou plutôt un second bureau, pourrait-on dire. Dans des moments comme maintenant, c’est un endroit pratique. Je détesterais avoir à marcher ailleurs, dans l’état ou je suis en ce moment.

Hines prit une longue et lente respiration, fixant les autres d’un regard voilé.

Puis il dit à Jake :

— Écoutez, agent, quel que soit votre nom. En tant qu’avocat de la défense de cet homme, je dois insister pour que vous le laissiez tranquille. On lui pose trop de questions depuis une semaine. En fait, il est détenu sans raison.

— En fait, ajouta-t-il en baillant, j’espérais qu’il serait déjà parti. Il vaudrait mieux qu’il ne soit plus ici la prochaine fois que je me réveille.

L’avocat commença à s’allonger quand le shérif dit...

— Reste avec nous, Ozzie. Tu as du travail à faire. Je vais te chercher une tasse de café. Tu veux que je te laisse sortir de ta cellule pour que tu puisses être plus proche de ton client ?

— Non, je suis bien ici, dit Ozzie. Dépêche-toi avec ce café. Tu sais comment je le prends.

En riant, le shérif Tallhamer dit :

— C’est comment déjà ?

— Dans une sorte de tasse, grogna Ozzie. Vas-y. Maintenant.

Tallhamer retourna au bureau. Jake resta devant la cellule, à fixer le prisonnier un moment.

— M. Cardin, dit finalement Jake, je crois savoir que vous n’avez pas d’alibi pour l’heure du meurtre de votre ex-femme.

Cardin haussa les épaules.

— Je ne sais pas où on est allé pécher cette idée. J’étais à la maison. Je me suis fait des surgelés, j’ai regardé la télé toute la soirée, puis j’ai dormi le reste de la nuit. Je n’étais pas près de l’endroit où c’est arrivé, où que ce soit.

— Quelqu’un peut corroborer ça ? dit Jake.

— Non, dit Cardin en souriant, mais personne ne peut corroborer le contraire non plus, n’est-ce pas ?

En observant l’expression sournoise de Cardin, Jake se demanda...

Est-il coupable et se moque-t-il de moi ?

Ou ne comprend-il tout simplement pas la gravité de sa situation ?

— Comment était votre relation avec votre ex-femme au moment du meurtre ? demanda Jake.

L’avocat cria vivement...

— Phil, ne réponds pas à cette question.

Cardin regarda l’autre cellule.

— Oh, la ferme, Ozzie. Je ne vais rien lui dire que je n’ai pas déjà dit au shérif cent fois. Ça ne changera rien de toute façon.

Puis en regardant Jake, Cardin dit d’un ton sarcastique...

— Les choses allaient très bien entre Alice et moi. Notre divorce était parfaitement amiable. Je n’aurais pas touché un cheveu de sa jolie petite tête.

Le shérif venait de revenir et donna une tasse de café à l’avocat.

— Amicalement, mon cul, dit le shérif à Cardin. Le jour de son assassinat, tu es allé brailler dans le salon de beauté où elle travaillait, criant devant sa clientèle qu’elle avait ruiné ta vie, que tu la détestais et que tu voulais sa mort. C’est pour ça que tu es là.

Jake mit ses mains dans ses poches.

— Voulez-vous me dire de quoi il s’agissait ?

Les lèvres de Cardin se tordirent dans une expression de colère sauvage.

— C’était la vérité, c’est qu’elle a ruiné ma vie, je veux dire. Je n’ai pas eu de chance depuis que cette salope m’a jeté dehors et a épousé ce foutu docteur. Ce jour-là, j’ai été viré de mon travail de cuisinier au resto de Mick.

— Et c’était sa faute ? demanda Jake.

Cardin fixa Jake droit dans les yeux et dit, les dents serrées...

— Tout est de sa faute.

Jake sentit un frisson au son de la haine dans sa voix.

Ce gars n’assume rien, pensa-t-il.

Jake avait eu affaire à plus que sa part de tueurs qui ne pouvaient accepter la responsabilité de tout ce qui allait mal dans leur vie. Jake savait que le ressentiment ardent de Cardin n’était pas une preuve de sa culpabilité. Mais il pouvait certainement comprendre pourquoi Cardin avait été arrêté en premier lieu.

Pourtant, Jake savait que le garder en détention était un autre problème, maintenant qu’il y avait eu un autre meurtre. D’après ce que Messenger avait dit à Jake à Dighton, il n’y avait aucune preuve matérielle reliant Cardin au crime. Les seuls soupçons provenaient d’une histoire de comportement menaçant, en particulier la récente scène dans le salon de beauté où Alice avait travaillé. Tout était circonstanciel...

A moins qu’il ne dise quelque chose d’incriminant ici et maintenant.

— Vous n’avez pas vraiment l’air d’un ex-mari endeuillé, dit Jake à Cardin.

Cardin grogna.

— Peut-être que je le serais si Alice ne m’avait pas fait tant de mal. Passé tout notre mariage à me dire à quel point j’étais un loser ; comme si ce crapaud qu’elle a attrapé était une sorte d’amélioration. Je n’étais pas un loser avant qu’elle ne divorce. C’est seulement une fois seul que les choses ont commencé à mal tourner. Ce n’est pas juste...

Jake écoutait Cardin se plaindre de son ex. Son amertume était palpable, tout comme son chagrin d’amour. Jake suspectait que Cardin n’avait jamais cessé d’aimer Alice, ou du moins de la désirer. Une partie de lui avait toujours gardé l’espoir vain qu’ils se remettraient ensemble.

Cependant, son amour pour elle était manifestement maladif, malsain et obsessionnel ; pas du tout de l’amour, dans le bon sens du terme. Jake avait rencontré beaucoup de meurtriers qui avaient été motivés par ce qu’ils appelaient l’amour.

Cardin s’arrêta un moment pour cesser de fulminer, puis dit...

— Dites-moi, c’est vrai qu’ils l’ont trouvée enveloppée dans du fil de fer barbelé ?

Secouant la tête avec un sourire, il ajouta ....

— Mec, c’est... c’est créatif.

Jake sentit une légère secousse à ces mots.

Que voulait dire Cardin, exactement ?

Admirait-il le travail de quelqu’un d’autre ?

Ou bien jubilait-il sournoisement de sa propre ingéniosité ?

Jake pensa que le moment était venu d’essayer de le faire parler de l’autre meurtre. Si Cardin avait un complice qui avait tué Hope Nelson, Jake pourrait peut-être le faire avouer. Mais il savait qu’il devait être prudent.

— M. Cardin, connaissiez-vous une femme nommée Hope Nelson à Dighton ?

Cardin se gratta la tête et dit...

— Nelson.... le nom m’est familier. C’est pas la femme du maire ?

Se penchant contre les barreaux à l’extérieur de la cellule, le shérif Tallhamer grogna et dit...

— Elle est morte, voilà ce qu’elle est.

Jake combattit un gémissement de découragement. Il n’avait pas prévu de révéler la vérité à Cardin d’une manière aussi directe. Il espérait prendre son temps, essayant de savoir s’il savait déjà ce qui était arrivé à Hope Nelson.

L’avocat dans l’autre cellule se leva d’un bond.

— Morte ? hurla-t-il. Qu’est-ce que tu racontes ?

Tallhamer cracha du tabac sur le sol en béton.

— Elle a été assassinée hier soir, exactement de la même façon qu’Alice a été tuée. Pendue à un poteau de clôture, enroulée dans du barbelé.

Tout à coup, semblant parfaitement sobre, Ozzie aboya :

— Alors, pourquoi diable tu gardes mon client ? Ne me dit pas que tu penses qu’il a tué une autre femme hier soir alors qu’il était enfermé ici.

Les espoirs de Jake s’écroulèrent. Sa tactique avait été gâchée, et il savait que toute autre question serait probablement inutile.

Néanmoins, il demanda de nouveau à Cardin :

— Connaissiez-vous Hope Nelson ?

— Je ne viens pas de vous dire que non ? dit Cardin avec une note de surprise.

Mais Jake ne savait pas si sa surprise était spontanée ou s’il faisait semblant.

Ozzie prit les barreaux de sa cellule.

— Vous feriez mieux de relâcher mon client, ou vous risquez un procès d’enfer ! cria-t-il.

Jake étouffa un soupir.

Ozzie avait raison, bien sûr, mais...

Il a choisi le bon moment pour devenir compétent tout à coup.

— Laissez partir Cardin, dit Jake en se tournant vers Tallhamer. Mais surveillez-le de près.

Tallhamer demanda à son adjoint d’apporter les affaires de Cardin. Alors que le shérif ouvrait la cellule pour que Cardin puisse partir, il se tourna vers Ozzie et dit...

— Tu veux y aller aussi ?

Ozzie bâilla et s’allongea sur sa couchette.

— Non, j’ai eu une assez bonne journée de travail. J’aimerais bien me rendormir, tant que tu n’as pas besoin de la cellule pour quelqu’un d’autre.

— Comme tu voudras, dit Tallhamer en souriant.

Alors que Jake sortait du poste de police avec Tallhamer et Cardin, il remarqua que l’homme à manteau blanc se tenait toujours de l’autre côté de la rue exactement au même endroit qu’avant.

Soudain, l’homme se mit en mouvement, traversant la rue à grand pas en direction d’eux.

Tallhamer grogna tranquillement à Jake...

— Ennuis en approche.

CHAPITRE HUIT

Jake scruta l’homme qui se précipitait vers eux juste à l’extérieur du poste de police. Il pouvait voir de l’indignation dans le visage et l’attitude de l’homme, mais il ne la sentit pas dirigée contre lui. Et il savait que Tallhamer ne se préparait pas pour de l’action.

Pendant ce temps, Cardin avait tourné et se dépêchait de s’éloigner rapidement le long du trottoir.

L’homme en colère se précipita sur Tallhamer. Agitant un bras dans la direction où était parti Cardin, il cria...

— J’exige que tu ramènes ce salaud en cellule !

Apparemment insensible à la colère de l’homme, le shérif Tallhamer présenta calmement Jake à Earl Gibson, le seul médecin de la ville et le mari d’Alice Gibson.

Jake s’avança pour serrer la main et présenter ses condoléances, mais les bras du médecin tournoyaient encore en rond alors qu’il criait sur Tallhamer. Il nota que le Dr Gibson était un homme remarquablement peu attrayant avec un visage fortement grêlé que l’afflux de fureur n’arrangeait pas. Il se souvint de Cardin le décrivant comme « ce crapaud qu’elle a attrapé ».

En effet, Cardin était relativement séduisant en comparaison.

Jake se dit que Earl Gibson devait avoir des vertus qui avaient attiré la morte malgré son apparence. Après tout, Gibson était médecin, et l’ex d’Alice n’était rien de plus qu’un cuisinier raté...

Probablement un choix assez facile dans une ville avec aussi peu d’options.

La colère de Gibson ne fit que redoubler lorsqu’il découvrit qui était Jake.

— Le FBI ! Qu’est-ce que le FBI a à voir ou à faire ici ? Vous avez déjà attrapé l’assassin de ma femme. Vous l’aviez enfermé. Il n’y a pas un jury au monde qui ne le déclarerait pas coupable. Et maintenant vous le laissez filer !

Le shérif Tallhamer remua les pieds et parla d’un ton patient, presque condescendant...

— Earl, on en a parlé tout à l’heure, n’est-ce pas ?

— Oui, nous l’avons fait, dit le Dr Gibson. Et c’est pour ça que je suis resté ici, à attendre. Je devais voir ça de mes yeux. Je voulais l’empêcher.

— Nous devons le laisser partir, et tu le sais, dit Tallhamer. Une autre femme a été assassinée hier soir à Dighton, de la même manière qu’Alice. Je peux me porter garant de l’endroit où se trouvait Phil Cardin hier soir, et il n’était certainement pas près de Dighton. Il n’a pas tué cette femme, et maintenant nous n’avons aucune raison de penser qu’il a tué Alice non plus.

— Aucune raison ! répéta Gibson, crachant de rage. Il l’a menacée de mort ce jour-là. Et ne m’insultez pas avec toutes ces absurdités sur la victime de Dighton, et comment Phil Cardin n’a pas pu la tuer. Nous savons tous les deux qu’il y a un suspect parfaitement plausible pour l’autre meurtre.

L’intérêt de Jake fut soudainement piqué.

— Un suspect plausible ? demanda-t-il.

— Tu ne lui as rien dit, hein ? dit Gibson, se moquant du shérif Tallhamer.

— me dire de quoi ? demanda Jake.

— À propos du frère de Phil Cardin, Harvey, dit Gibson à Jake. Il prend le parti de Phil en tout. Il a menacé Alice aussi. Il l’appelait pour lui dire que Phil et lui allaient se venger. Il l’a appelée le jour même de sa mort. Et où qu’il ait été hier soir, il n’était pas enfermé en cellule. C’est lui qui a tué cette femme à Dighton. Je parierais ma vie dessus.

Jake fut vraiment surpris par cette déclaration.

— Pourquoi pensez-vous qu’il tuerait quelqu’un dans une autre ville ? demanda Jake à Gibson.

— Vous voulez dire son mobile ? répondit le docteur. Peut-être qu’il avait quelque chose de personnel contre cette femme. Il erre beaucoup dans l’État, alors peut-être qu’il a eu affaire à elle d’une quelconque manière, puis a suivi l’exemple de son frère. Mais je pense qu’il l’a probablement fait pour protéger son frère, pour faire croire aux gens qu’il n’a pas tué Alice.

— Earl, soupira Tallhamer, nous en avons aussi parlé il y a peu de temps, n’est-ce pas ? On connaît Harvey Cardin depuis toujours. Il voyage parce qu’il est plombier itinérant. Il a des mots durs de temps en temps, mais il n’est pas comme son frère. Il ne ferait jamais de mal à une mouche, encore moins tuer quelqu’un d’une façon aussi horrible.

Le cerveau de Jake se mit en action, essayant d’assimiler ce qu’il entendait.

Il aurait aimé que Tallhamer lui ait parlé de Harvey Cardin dès le début.

Les flics des petites villes, pensait-il. Certains d’entre eux sont tellement sûrs de tout savoir sur tout le monde dans leur district qu’ils peuvent rater ce qui est important.

— Je veux parler à Harvey Cardin, finit-il par dire au shérif Tallhamer.

Le shérif haussa les épaules comme s’il considérait cela comme une perte de temps.

— Si c’est ce que vous voulez, dit-il. Harvey habite à quelques rues d’ici. Je vous-y emmènerai.

Quand Jake commença à marcher avec le shérif, il remarqua que Gibson les suivait. La dernière chose dont Jake avait besoin en ce moment, c’était d’un veuf en deuil et en colère s’immisçant dans l’interrogatoire d’un suspect possible.

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