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    ,      ,     ,      .           ,    ,      ,        Il pleure dans mon coeur.  ,           . , , ,   , ,        ,   ,        ,       ,        . ,        .     .       . -    ,         . , ,     :             ,        ,       ,    .

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Marceline Desbordes-Valmore

(17861859)

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(17861859)





Les roses de Saadi


		Jai voulu ce matin te rapporter des roses;
		Mais jen avais tant pris dans mes ceintures closes
		Que les noeuds trop serrs nont pu les contenir.

		Les noeuds ont clat. Les roses envoles
		Dans le vent, ? la mer sen sont toutes alles.
		Elles ont suivi leau pour ne plus revenir.

		La vague en a paru rouge et comme en?amme.
		Ce soir, ma robe encore en est toute embaume
		Respires-en sur moi lodorant souvenir.




 


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Les cloches du soir


		Quand les cloches du soir, dans leur lente vole,
		Feront descendre lheure au fond de la valle;
		Quand tu nauras damis, ni damours pr?s de toi;
		Pense ? moi! Pense ? moi!

		Car les cloches du soir avec leur voix sonore
		A ton coeur solitaire iront parler encore;
		Et lair fera vibrer ces mots autour de toi:
		Aime-moi! Aime-moi!

		Si les cloches du soir veillent tes alarmes,
		Demande au temps mu qui passe entre nos larmes:
		Le temps dira toujour quil na trouv que toi,
		Pr?s de moi! pr?s de moi!

		Quand les cloches du soir, si tristes dans labsence,
		Tinteront sur mon coeur ivre de ta prsence;
		Ah! cest le chant du ciel qui sonnera pour toi,
		Et pour moi! et pour moi!




 


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Pri?re


		Ne me fais pas mourir sous les glaces de l?ge,
		Toi qui formas mon coeur du feu pur de lamour;
		Rappelle ton enfant du milieu de lorage:
		Dieu! Jai peur de la nuit. Que je menvole au jour!

		Apr?s ce que jaimai je ne veux pas mteindre;
		Je ne veux pas mourir dans le deuil de sa mort:
		Que son souf?e me cherche, attach sur mon sort,
		Et dfende au froid de matteindre.

		Laisse alors sembrasser dans leur tonnement,
		Et pour lternit, deux innocentes ?ammes.
		Hlas! nen mis-tu pas le doux pressentiment
		Dans le fond dun baiser o? sattendaient nos ?mes?







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Les spars


		Ncris pas! Je suis triste, et je voudrais mteindre;
		Les beaux ts, sans toi, cest lamour sans ?ambeau.
		Jai referme mes bras qui ne peuvent tatteindre;
		Et frapper ? mon coeur, cest frapper au tombeau.
		Ncris pas!

		Ncris pas! napprenons qu? mourir a nous-m?mes.
		Ne demande qu? Dieuqu? toi, si je taimais.
		Au fond de ton silence couter que tu maimais,
		Cest entendre le ciel sans y monter jamais.
		Ncris pas!

		Ncris pas! je te crains, jai peur de ma mmoire;
		Elle a garde ta voix qui mappelle souvent.
		Ne montre pas leau vivre ? qui ne peut la boire,
		Une ch?re criture est un portrait vivant.
		Ncris pas!

		Ncris pas ces dues mots que je nose plus lire;
		Il semble que ta voix les rpand sur mon coeur,
		Que je les vois briller a travers ton sourire;
		Il semble quun baiser les empreint sur mon coeur.
		Ncris pas!







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Le nid solitaire


		Va, mon ?me, au-dessus de la foule qui passe,
		Ainsi quun libre oiseau te baigner dans lespace.
		Va voir! et ne reviens quapr?s avoir touch
		Le r?ve mon beau r?ve ? la terre cach.

		Moi, je veux du silence, il y va de ma vie;
		Et je menferme o? rien, plus rien ne ma suivie;
		Et de son nid troit do? nul sanglot ne sort,
		Jentends courir le si?cle ? c?t de mon sort.

		Le sicle qui senfuit grondant devant nos portes,
		Entra?nant dans son cours, comme des algues mortes,
		Les noms ensanglants, les voeux, les vains serments,
		Les bouquets purs, nous de noms doux et charmants.

		Va, mon ?me, au-dessus de la foule qui passe,
		Ainsi quun libre oiseau te baigner dans lespace.
		Va voir! et ne reviens quapr?s avoir touch
		Le r?ve mon beau r?ve ? la terre cach!




 


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Allez en paix


		Allez en paix, mon cher tourment,
		Vous mavez assez alarme,
		Assez mue, assez charme
		Allez au loin, mon cher tourment,
		Hlas ! mon invisible aimant !

		Votre nom seul suf?ra bien
		Pour me retenir asservie ;
		Il est alentour de ma vie
		Roule comme un ardent lien :
		Ce nom vous remplacera bien .

		Ah ! je crois que sans le savoir
		Jai fait un malheur sur la terre ;
		Et vous mon juge involontaire ,
		Vous ?tes donc venu me voir
		Pour me punir, sans le savoir ?

		Dabord ce fut musique et feu,
		Rires denfants, danses r?ves;
		Puis les larmes sont arrives
		Avec les peurs, les nuits de feu 
		Adieu danses, musique et jeu !

		Sauvez-vous par le beau chemin
		O? plane lhirondelle heureuse:
		Cest la posie amoureuse:
		Pour ne pas la perdre en chemin
		De mon coeur ?tez votre main.

		Dans votre pri?re tout bas,
		Le soir, laissez entrer mes larmes ;
		Contre vous elles nont point darmes.
		Dans vos discours nen parlez pas!
		Devant Dieu pensez-y tout bas.




  


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Ma chambre


		Ma demeure est haute,
		Donnant sur les cieux ;
		La lune en est lh?te,
		P?le et srieux :
		En bas que lon sonne,
		Quimporte aujourdhui ?
		Ce nest plus personne,
		Quand ce nest pas lui!

		Aux autres cache,
		Je brode mes ?eurs ;
		Sans ?tre f?che,
		Mon ?me est en pleurs ;
		Le ciel bleu sans voiles,
		Je le vois dici;
		Je vois les toiles :
		Mais lorage aussi!

		Vis-?-vis la mienne
		Une chaise attend :
		Elle fut la sienne,
		La n?tre un instant :
		Dun ruban signe,
		Cette chaise est l?,
		Toute rsigne,
		Comme me voil? !




 


		   
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Souvenir


		Quand il p?lit un soir, et que sa voix tremblante
		Steignit tout ? coup dans un mot commenc;
		Quand ses yeux, soulevant leur paupi?re br?lante,
		Me bless?rent dun mal dont je le crus bless;
		Quand ses traits plus touchants, clairs dune ?amme
		Qui ne steint jamais,
		Simprim?rent vivants dans le fond de mon ?me;
		Il naimait pas, jaimais!







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Les clairs


		Orages de lamour; nobles et hauts orages,
		Pleins de nids gmissants blesss sous les ombrages,
		Pleins de ?eurs, pleins doiseaux perdus, mais dans les cieux,
		Qui vous perd ne voit plus, clairs dlicieux!







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Quen avez-vous fait?


		Vous aviez mon coeur,
		Moi, javais le v?tre:
		Un coeur pour un coeur;
		Bonheur pour bonheur!

		Le v?tre est rendu;
		Je nen ai plus dautre;
		Le v?tre est rendu,
		Le mien est perdu!

		La feuille et la ?eur
		Et le fruit lui-m?me,
		La feuille et la ?eur,
		Lencens, la couleur:

		Quen avez-vous fait,
		Mon ma?tre supr?me?
		Quen avez-vous fait,
		De ce doux bien fait?

		Comme un pauvre enfant
		Quitt par sa m?re,
		Comme un pauvre enfant
		Que rien ne dfend:

		Vous me laissez l?
		Dans ma vie am?re;
		Vous me laissez l?,
		Et Dieu voit cela!

		Savez-vous quun jour,
		LHomme est seul au monde?
		Savez-vous quun jour,
		Il revoit lAmour?

		Vous appellerez,
		Sans quon vous rponde,
		Vous appellerez;
		Et vous songerez!

		Vous viendrez r?vant
		Sonner ? ma porte;
		Ami comme avant,
		Vous viendrez r?vant,

		Et lon vous dira:
		Personne! elle est morte.
		On vous le dira:
		Mais, qui vous plaindra?




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Dtachement


Yet, are there souls with whom my own would rest whom I might bless, with whom I might be blessed!

Byron

Commbien il faut avoir souffert, pour ?tre fatigu m?me de lesprance !


		Il est des maux sans nom, dont la morne amertume
		Change en affreuses nuits vos jours quelle consume.
		Se plaindre est impossible; on ne sait plus parler;
		Les pleurs m?me du coeur refusent de couler.
		On ne se souvient pas, perdu dans le naufrage,
		De quel astre inclment sest chapp lorage.
		Quimporte! Le malheur sest tendu partout;
		Le pass nest quune ombre, lattente un dgo?t.

		Cest quand on a perdu tout appui de soi-m?me;
		Cest quand on naime plus, que plus rien ne nous aime;
		Cest quand on sent mourir son regard attach
		Sur un bonheur lointain quon a longtemps cherch,
		Cr pour nous peut-?tre! quindigne datteindre,
		On voit comme un rayon trembler, fuir et steindre.







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La couronne effeuille


		Jirai, jirai porter ma couronne effeuille
		Au jardin de mon p?re o? rena?t toute ?eur;
		Mon ?me y repandra sa vie agenouille:
		Mon p?re a secrets pour vaincre la douleur.

		Jirai, jirai lui dire, au moins avec mes larmes:
		Regardez; lai souffert Il me regarders.
		Et sous mes jours changs, sous mes p?leurs sans charmes,
		Parce quil est mon p?re, il reconna?tra.

		Il dira: Cest donc vous, ch?re ?me dsole;
		La force manque-t-elle ? vos pas gars?
		Ch?re ?me, je suis Dieu: ne soyez plus trouble;
		Voici votre maison, voici mon coeur, entrez!

		O clmence, ? douceur, ? saint refuge, ? P?re!
		Votre enfant qui pleurait, vous lavez entendu!
		Je vous obtiens dj? puisque je vous esp?re
		Et que vous possdez tout ce jai perdu.

		Vous ne rejetez pas la ?eur qui nest plus belle,
		Ce crime de la terre au ciel est pardonn.
		Vous ne maudirez pas votre enfant in?d?le,
		Non davoir rien vendu, mais davoir tout donn.




 


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Alphonse de Lamartine

(17901869)

  

(17901869)





Le mur est gris, la tuile est rousse


		Le mur est gris, la tuile est rousse,
		Lhiver a rong le ciment;
		Des pierres disjointes la mousse
		Verdit lhumide fondement;
		Les goutti?res, que rien nessuie,
		Laissent, en rigoles de suie,
		Sgoutter le ciel pluvieux,
		Tran?ant sur la vide demeure
		Ces noirs sillons par o? lon pleure,
		Que les veuves ont sous les yeux;
		La porte o? ?le laraigne,
		Qui nentend plus le doux accueil,
		Reste immobile et ddaigne
		Et ne tourne plus sur son seuil;
		Les volets que le moineau souille,
		Dtachs de leurs gonds de rouille,
		Battent nuit et jour le granit;
		Les vitraux briss par les gr?les
		Livrent aux vieilles hirondelles
		Un libre passage ? leur nid!
		Leur gazouillement sur les dalles
		Couvertes de duvets ?ottants
		Est la seule voix de ces salles
		Pleines des silences du temps.
		De la solitaire demeure
		Une ombre lourde dheure en heure
		Se dtache sur le gazon:
		Et cette ombre, couche et morte,
		Est la seule chose qui sorte
		Tout le jour de cette maison!




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Adieu ? Graziella


		Adieu! mot quune larme humecte sur la levre;
		Mot qui ?nit la joie et qui tranche lamour;
		Mot par qui le depart de delices nous sevre;
		Mot que leternite doit effacer un jour.

		Adieu!.. je tai souvent prononce dans ma vie,
		Sans comprendre, en quittant les ?tres que jaimais,
		Ce que tu contenaie de tristesse et de lie,
		Quand lhomme dit:Retour! et que Dieu dit: Jamais!

		Mais aujourdhui je sens que ma bouche prononce
		Le mot qui contient tout, puisquil est plein de toi,
		Qui tombe dans labime, et qui na pour reponse
		Que leternel silence entre une image et moi

		Et cependant mon coeur redit a chaque haleine
		Ce mot quun sourd sanglot entre coupe au milieu,
		Comme si tous les sons dont la nature est pleine
		Navaient pour sens unique, hlas quun grand adieu!




  


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Felix rver

(18061851)

 

(18061851)





Sonnet


		Mon Ame a son secret, ma vie a son myst?re:
		Un amour ternel en un moment con?u.
		Le mal est sans espoir, aussi jai d? le taire.
		Et celle qui la fait nen a jamais rien su.

		Hla! jaurai pass pr?s delle inaper?u,
		Toujours a ses cots et pourtant solitaire;
		Et jaurai jusquau bout fait mon temps sur la terre,
		Nosant rien demander et nayant re?u.

		Our elle, quoique Dieu lait fait douce et tendre,
		Elle suit son chemin, distraite, et sans entendre
		Ce murmure damour lev sur ses pas.

		A laust?re devoir pl?usement ?d?le,
		Elle dira, lisant ces vers tout remplis delle:
		Quelle est donc cette femme? et ne comprendra pas.







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Victor Hugo

(18021885)

 

(18021885)





Lautomne


		Laube est moins claire, lair moins chaud, le ciel moins pur;
		Les longs jours sont passs, les mois charmants ?nissent.
		Hlas! voici dj? les arbres qui jaunissent!..
		Lautomne est triste avec sa bise et son brouillard,
		Et lt qui senfuit est un ami qui part.







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Le printemps


		Voici le printemps! mars, avril au doux sourire,
		Mai ?euri, juin br?lant, tous les beaux mois amis;
		Les peupliers, au bord des ?euves endormis,
		Se courbent mollement comme de grandes palmes;
		Loiseau palpite au fond des bois ti?des et calmes;
		Il semble que tout rit, et que les arbres verts
		Sont joyeux d?tre ensemble et disent des vers.
		Le jour na?t couronn dune aube fra?che et tendre,
		Le soir est plein damour; la nuit, on croit entendre,
		A travers lombre immense et sous le ciel bni,
		Quelque chose dheureux chanter dans lin?ni.







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Gerard de Nerval

(18081855)

  

(18081855)





Avril


		Dj? les beaux jours, la poussi?re,
		Un ciel dazur et de lumi?re,
		Les murs en?amms, les longs soirs ;
		Et rien de vert : ?peine encore
		Un re?et rouge?tre dcore
		Les grands arbres aux rameaux noirs !

		Ce beau temps me p?se et mennuie.
		Ce nest quapr?s des jours de pluie
		Que doit surgir, en un tableau,
		Le printemps verdissant et rose,
		Comme une nymphe fra?che close,
		Qui, souriante, sort de leau.







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Delfica


		La connais-tu, Dafn, cette ancienne romance,
		Au pied du sycomore, ou sous les lauriers blancs,
		Sous lolivier, le myrte, ou les saules tremblants,
		Cette chanson damour qui toujours recommence?..

		Reconnais-tu le Temple au pristyle immense,
		Et les citrons amers o? simprimaient tes dents,
		Et la grotte, fatale aux h?tes imprudents,
		O? du dragon vaincu dort lantique semence?..

		Ils reviendront, ces Dieux que tu pleures toujours!
		Le temps va ramener lordre des anciens jours;
		La terre a tressailli dun souf?e prophtique

		Cependant la sibylle au visage latin
		Est endormie encor sous larc de Constantin
		 Et rien na drang le sv?re portique.







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Le rveile en voiture


		Voici ce que je vis: Les arbres sur ma route
		Fuyaient m?ls, ainsi quune arme en droute;
		Et sous moi, comme mu par les vents soulevs,
		Le sol roulait des ?ots de gl?be et de pavs.

		Des clochers conduisaient parmi les plaines vertes
		Leurs hameaux aux maisons de pl?tre, recouvertes
		En tuiles, qui trottaient ainsi que des troupeaux
		De moutons blancs, marqus en rouge sur le dos.

		Et les monts enivrs chancelaient: la rivi?re
		Comme un serpent boa, sur la valle enti?re
		Entendu, slan?ait pour les entortiller
		 Jtais en poste, moi, venant de mveiller!




  


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Choeur damour


		Ici lon passe
		Des jours enchants!
		Lennuie sefface
		Aux coeurs attrists
		Comme la trace
		Des ?ots agits.

		Heure frivole
		Et quil faut saisir,
		Passion folle
		Qui nest quun dsir,
		Et qui senvole
		Apr?s le plaisir!




 


		 
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Fantaisie


		Il est un air pour qui je donnerais
		Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
		Un air tr?s vieux, languissant et fun?bre,
		Qui pour moi seul a des charmes secrets!

		Or chaque fois que je viens ? lentendre,
		De deux cents ans mon ?me rajeunit
		Cest sous Louis treize; et je crois voir stendre
		Un coteau vert, que le couchant jaunit,

		Puis un ch?teau de brique ? coins de pierre,
		Aux vitraux teints de rouge?tres couleurs,
		Ceint de grands parcs, avec une rivi?re
		Baignant ses pieds, qui coule entre des ?eurs;

		Puis une dame, ? sa haute fen?tre,
		Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
		Que, dans une autre existence peut-?tre,
		Jai dj? vue et dont je me souviens!







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Sonnet


		II a vcu tant?t gai comme un sansonnet
		Tour ? tour amoureux insoucieux et tendre,
		Tant?t sombre et r?veur comme un triste Clitandre
		Un jour il entendit qu? sa porte on sonnait.

		Ctait la Mort! Alors il la pria dattendre
		Quil e?t pos le point ? son dernier sonnet;
		Et puis sans smouvoir, il sen alla stendre
		Au fond du coffre froid o? son corps frissonnait.

		II tait paresseux, ? ce que dit lhistoire,
		II laissait trop scher lencre dans lcritoire.
		II voulait tout savoir mais il na rien connu.

		Et quand vint le moment o?, las de cette vie,
		Un soir dhiver, en?n lame lui fut ravie,
		II sen alla disant: Pourquoi suis-je venu?







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Le point noir


		Quiconque a regard le soleil ?xement
		Croit voir devant ses yeux voler obstinment
		Autour de lui, dans lair, une tache livide.

		Ainsi, tout jeune encore et plus audacieux,
		Sur la gloire un instant josai ?xer les yeux;
		Un point noir est rest dans mon regard avide.

		Depuis, m?le ? tout comme un signe de deuil,
		Partout, sur quelgue endroit que sarr?te mon oeil,
		Je la vois se poser aussi, la tache noire!

		Quoi, toujours? Entre moi sans cesse et le bonheur !
		Oh! cest que laigle seul  malheur! ? nous, malheur!
		Contemple impunment le Soleil et la Gloire.




 


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Vers dors


Eh quoi ; tout est sensible.

Pythagore

		Homme, libre penseur ! te crois-tu seul pensant
		Dans ce monde o? la vie clate en toute chose ?
		Des forces que tu tiens ta libert dispose,
		Mais de touts tes conseils lunivers est absent .

		Respecte dans la b?te un esprit agissant :
		Chaque ?eur est une ?me ? la Nature close ;
		Un myst?re damour dans le mtal repose ;
		Tout est sensible! Et tout sur ton ?tre est puissant.

		Crains, dans le mur aveugle, un regard qui tpie :
		A la mati?re m?me un verbe est attach
		Ne la fais pas servir ? quelque usage impie !

		Souvent dans l ?tre obscur habite un Dieu cach ;
		Et comme un oeil naissant couvert par ses paupi?res,
		Un pur esprit saccro?t sous lcorce des pierres !




 


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Une alle du Luxembourg


		Elle a pass, la jeune ?lle,
		Vive et preste comme un oiseau:
		A la main une ?eur qui brille,
		A la bouche un refrain nouveau.

		Cest peut-?tre la seule au monde
		Dont le coeur au mien rpondrait;
		Qui, venant dans ma nuit profonde
		Dun seul regard lclairerait

		Mais non, ma jeunesse est ?nie
		Adieu, doux rayon qui mas lui, 
		Parfum, jeun ?lle, harmonie
		Le bonheur passait, il a fui!




  


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Alfred de Muset

(18101857)

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(18101857)





Chanson


		Jai dit ? mon coeur, ? mon faible coeur:
		Nest-ce point assez daimer sa ma?tresse?
		Et ne vois-tu pas que changer sans cesse,
		Cest perdre en dsirs le temps du bonheur?

		II ma rpondu: Ce nest point assez,
		Ce nest point assez daimer sa ma?tresse ;
		Et ne vois-tu pas que changer sans cesse
		Nous rend doux et chers les plaisirs passs!

		Jai dit ? mon coeur, ? mon faible coeur:
		Nest-ce point assez de tant de tristesse?
		Et ne vois-tu pas que changer sans cesse
		Cest ? chaque pas trouver la douleur?

		Il ma rpondu: Ce nest point assez,
		Ce nest point assez de tant de tristesse ;
		Et ne vois-tu pas que changer sans cesse
		Nous rend doux et chers les chagrins passs?







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Tristesse


		Jai perdu ma force et ma vie,
		Et mes amis et ma ga?t;
		Jai perdu jusqu? la ?ert
		Qui faisait croire ? mon gnie.

		Quand jai connu la Vrit,
		Jai cru que cetait une amie;
		Quand je lai comprise et sentie
		Jen tais dj? dgo?t.

		Et pourtant elle est ternelle,
		Et ceux qui se sont passs delle
		Ici-bas ont tout ignor.

		Dieu parle, ll faut quon lui rponde,
		Le seul bien qui me reste au monde
		Est davoir quelque fois pleur.







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Chanson de Fortunio


		Si vous croyez que je vais dire
		Qui jose aimer,
		Je ne saurais, pour un empire,
		Vous la nommer.

		Nous allons chater ? la ronde,
		Si vous voulez,Que je ladore et quelle est blonde
		Come les bls.

		Je fais ce que sa fantaisie
		Veut mordonner,
		Et je puis, sil lui faut ma vie,
		La lui donner.

		Du mal quune amour ignore
		Nous fait souffrir,
		Jen porte, l?me dchire
		Jusqu? mourir.

		Mais jaime trop pour que je die
		Qui jose aimer,
		Et je veux mourir pour ma mie
		Sans la nommer.




 


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Impromptu



En reponse a cette question: quest-ce que la poesie?

		Chasser tout souvenir et ?xer la pense,
		Sur un bel axe dor la tenir balance,
		Incertaine, inqui?te, immobile pourtant;
		Eterniser peut-?tre un r?ve dun instant;
		Aimer le vrai, le beau, chercher leur harmonie;
		Ecouter dans son coeur lcho de son gnie;
		Chanter, rire, pleurer, seul, sans but, an hasard;
		Dun sourire, dun mot, dun soupir, dun regard
		Faire un travail exquis, plein de crainte et de charme
		Faire une perle dune larme:
		Du po?te ici-bas voil? la passion,
		Voil? son bien, sa vie et son ambition.








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Chanson de barberine


		Beau chevalier qui partez pour la guerre,
		Quallez-vous faire
		Si loin dici
		Voyez-vous pas que la nuit est profonde,
		Et que le monde
		Nest que souci?

		Vous qui croyez quune amour dlaisse
		De la pense
		Senfuit ainsi
		Hlas ! hlas! chercheurs de renomme,
		Votre fume
		Snvole aussi.

		Beau chevalier qui partez pour la guerre,
		Quallez-vous faire
		Si loin de nous?
		Jen vais pleurer, moi qui me laissais dire
		Que mon sourire
		Etait si doux.




 


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A Charles Nodier


		Ta muse, tout fran?aise,
		Tout ? laise,
		Me rend la soeur de la sant,
		La gaiet.

		Elle rappelle ? ma pense,
		Dlaisse,
		Les beaux jours et les courts instants
		Du bon temps,

		Lorsque, rassembls sous ton aile
		Paternelle,
		chapps de nos pensions
		Nous dansions.

		Gais commt loiseau sur la branche,
		Le dimanche
		Nous rendions parfois matinal
		LArsenal.

		La t?te coquette et ?eurie
		De Marie
		Brillait comme un bleuet m?l
		Dans le bl.

		Tachs dj? par lecritoire,
		Sur livoire
		Ses doigts lgers allaient sautant
		Et chantant.

		Quelquun rcitait quelque chose
		Vers ou prose,
		Puis nous courions recommencer
		A danser.

		Chacun de nous, futur grand homme,
		Ou tout comme,
		Apprenait plus vite ? taimer
		Qu? rimer.

		Alors, dans la grande boutique
		Romantique,
		Chacun avait, m?tre ou gar?on,
		Sa chanson

		Cher temps, plein de mlancolie,
		De folie,
		Dont il faut rendre ? lamiti
		La moiti!




  


		  
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Theophile Gautier

(18111872)

 

(18111872)





Premier sourire du printemps


		Tandis qu? leurs oeuvres perverses
		Les hommes courent haletants,
		Mars qui rit, malgr les averses,
		Prpare en secret le printemps.

		Pour les petites p?querettes,
		Sournoisement lorsque tout dort,
		II repasse des collerettes
		Et cis?le des boutons dor.

		Dans le verger et dans la vigne,
		II sen va, furtif perruquier,
		Avec une houppe de cygne,
		Poudrer ? frimas lamandier.

		La nature au lit se repose,
		Lui descend au jardin dsert,
		Et lace les boutons de rose
		Dans leur corset de velours vert.

		Tout en composant des solf?ges,
		Quaux merles il sif?e ? mi-voix,
		II s?me aux prs les perce-neiges
		Et les violettes aux bois.

		Sur le cresson de la fontaine
		O? le cerf boit, loreille au guet,
		De sa main cache il gr?ne
		Les grelots dargent du muguet.

		Sous lherbe, pour que tu la cueilles,
		II met la fraise au teint vermeil,
		Et te tresse un chapeau de feuilles
		Pour te garantir du soleil.

		Puis, lorsque sa besogne est faite,
		Et que son r?gne va ?nir,
		Au seuil dAvril tournant la t?te,
		II dit: Printemps, tu peux venir!




  


		   
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Paysage


omnia plenis

Rura natant fossis.

P. Virgilius Maro

		Pas une feuille qui bouge,
		Pas un seul oiseau chantant,
		Au bord de lhorizon rouge
		Un clair intermittent;

		Dun c?t rares broussailles,
		Sillons ? demi noys,
		Pans gris?tres de murailles,
		Saules noueux et ploys;

		De lautre, un champ que termine
		Un large foss plein deau,
		Une vieille qui chemine
		Avec un pesant fardeau,

		Et puis la route qui plonge
		Dans le ?anc des coteaux bleus,
		Et comme un ruban sallonge
		En minces plis onduleux.







 

 

  

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Carmen


		Carmen est maigre, un trait de bistre
		Cerne son oeil de gitana.
		Ses cheveux sont dun noir sinistre,
		Sa peau, le diable la tanna.

		Les femmes disent quelle est laide,
		Mais tous les hommes en sont fous:
		Et larchev?que de Tol?de
		Chante la messe ? ses genoux;

		Car sur sa nuque dambre fauve
		Se tord un norme chignon
		Qui, dnou, fait dans lalc?ve
		Une mante ? son corps mignon.

		Et, parmi sa p?leur, clate
		Une bouche aux rires vainqueurs;
		Piment rouge, ?eur carlate,
		Qui prend sa pourpre au sang des coeurs.

		Ainsi faite, la moricaude
		Bat les plus alti?res beauts,
		Et de ses yeux la lueur chaude
		Rend la ?amme aux satits.

		Elee a dans sa laideur piquante
		Un grain des sel de cette mer
		Do? jaillit, nue et provocante,
		L?cre Vnus du gouffre amer.







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La chim?re


		Une jeune Chim?re, aux lvres de ma coupe,
		Dans lorgie, a donne le baiser le plus doux;
		Elle avait les yeux verts, et jusque sur sa croupe
		Ondoyait en torrent lor de ses cheveux roux.

		Des ailes dpervier tremblaient ? son paule;
		La voyant senvoler, je sautait sur ses reins;
		Et, faisant jusqu? moi ployer son cou de saule,
		J enfon?ai comme un peigne une main dans ses crins.

		Elle se dmenait, hurlante et furieuse,
		Mais en vain. Je broyais ses ?ancs dans mes genoux;
		Alors elle me dit dune voix gracieuse,
		Plus claire que largent: Ma?tre, o? donc allons-nous?

		Par-del? le soleil et par-del? lespace,
		O? Dieu narriverait quapr?s lternit;
		Mais avant d?tre au but ton aile sera lasse:
		Car je veux voir mon r?ve en sa ralit.







		      
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Charles Leconte de Lisle

(18181894)

   

(18181894)





Villanelle


Une nuit noire, par un calme, sous IEquateur.


		Le Temps, lEtendue et le Nombre
		Sont tombs du noir ?rmament
		Dans la mer immobile et sombre.

		Suaire de silence et dombre,
		La nuit efface absolument
		Le Temps, lEtendue et le Nombre.

		Tel quun lourd et muet dcombre,
		LEsprit plonge au vide dormant,
		Dans la mer immobile et sombre.

		En lui-m?me, avec lui, tout sombre,
		Souvenir, r?ve, sentiment.
		Le Temps, lEtendue et le Nombre,
		Dans la mer immobile et sombre.




  


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Aux modernes


		Vous vivez l?chement, sans r?ve, sans dessein,
		Plus vieux, plus dcrpits que la terre infconde,
		Ch?trs d?s le berceau par le si?cle assassin
		De toute passion vigoureuse et profonde.

		Votre cervelle est vide autant que votre sein,
		Et vous avez souill ce misrable monde
		Dun sang si corrompu, dun souf?e si malsain,
		Que la mort germe seule en cette boue immonde.
		Hommes, tueurs de Dieux, les temps ne sont pas loin
		O?, sur un grand tas dor vautrs dans quelque coin,
		Ayant rong le sol nourricier jusquaux roches,

		Ne sachant faire rien ni des jours ni des nuits,
		Noys dans le nant des supr?mes ennuis,
		Vous mourrez b?tement en emplissant vos poches .




 


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La Maya


		Maya! Maya! torrent des mobiles chim?res,
		Tu fais jaillir du coeur de lhomme universel
		Les br?ves volupts et les haines am?res,
		Le monde obscur des sens et la splendeur du ciel;
		Mais quest  ce que le coeur des hommes phm?res,
		O Maya! sinon toi, le mirage immortel?
		Les si?cles couls, les minutes prochaines,
		Sab?ment dans ton ombre, en m?me moment,
		Avec nos cris, nos pleurs et le sang de nos veines:
		Eclair, r?ve sinistre, ternit qui ment,
		La Vie antique est faite inpuisablement
		Du tourbillon sans ?n des apparences vaines.







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Charles Cros

(18421888)

 

(18421888)





Au lit que tu sais faire


		Au lit que tu sais faire,
		Fossoyeur, dans la terre.
		Et, dans ce lit troit,
		Seule, elle aurait trop froid.

		Jirai coucher pr?s delle,
		Comme un amant ?d?le,
		Pendant toute la nuit
		Qui jamais ne ?nit.




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Liberte


		Le vent impur des tables
		Vient dOuest, dEst, du Sud, du Nord.
		On ne sassied plus aux tables
		Des heureux, puisquon est mort .

		Les princesses aux beaux r?bles
		Offrent leurs plus doux trsors.
		Mais on sen va dans les sables,
		Oubli, mpris, fort.

		On peut regarder la lune
		Tranquille dans le ciel noir.




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   ,     (https://www.litres.ru/chitat-onlayn/?art=70614235)  .

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