    Lamour declaine comme le mystere
 


         ,  , ,      .       (1874  1930).





   

Lamour declaine comme le mystere

 





  

   

 ,2021

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ISBN978-5-0053-1756-8

     Ridero








 





JARDINS DE MARGARITA


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Mon po?me na?t comme na?t lt堅


		Mon po?me na?t comme na?t lt堗
		du parfum de la fleur pousse au bord des sentes,
		de ce ciel pommel, de la couleur detes
		cheveux pareils ? la gerbe en attente.

		Il na?t, mon po?me, de la pluie goutte ? goutte.
		Comme ltang surgi des ajoncs, au milieu.
		Il ressemble ? limper tremp comme une soupe
		dont nous nous tions fait une tente pour deux.

		Je le recueille sur les brins de chlidoine.
		Distribue aux passants. En fais don aux maisons.
		Quen ferais-je encore, ne vois rien plus idoine
		depuis quen tes l?vres je crois ? draison




   


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?tre po?te cest simmerger dans lazur


		?tre po?te cest simmerger dans lazur.
		Quest lunivers? une rampe de lancement.
		Bande ton arc (assez davoir le muscle pour)
		et tire ta fl?che, sans crainte, calmement.

		?tre po?te cest trouver le mot de passe
		pour l?me, et ngliger le tout premier Sculpteur.
		Faire, plus que le roi au grand jamais nen fasse,
		et approcher le vrai, plus que le Crateur.




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Les sentiments sont allergiques ? la plume


		Les sentiments sont allergiques ? la plume.
		Aclbrer linstant pinceau est impuissant.
		Mais ? quoi bon, ceci tant,
		vouloir la lune
		chercher ? mettre en mots la chaleur dun midi,
		la fra?cheur vesprale ou le chant des rainettes?
		Livre senteur des foins ou lombre de la nuit?
		Les branches dans le vent, quand le jardin sinqui?te?




  


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Le supplice nest pas neuf


		Le supplice nest pas neuf,
		pas en jours
		ici les ans sarchivent en minutes!
		Les communiqus tombent ? leur tour,
		comme des ailes noires augurant
		la chute.

		Ainsi va la qu?te de perfection.
		Qui te suivrait dans ton vol dmentiel?
		Quel Icare,
		quel paria,
		quel croupion
		tombera dans lternit?non,
		sur la glace des hauts du ciel?




 


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Crpuscule


		Voyageur gar qui navais pas compris,
		pas accept le jour, te voici loin du compte.
		Tu as manqu le train, il est parti,
		et le blizzard qui efface tes routes.




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La journe des adieux navait rien de marquant


		La journe des adieux navait rien de marquant.
		Bousculade ordinaire au guichet de la gare
		les heures scoulaient, et le soir, dbarquant,
		prenait le choc des milliers de regards.

		Appels de sir?ne, descendus des chelles
		sur le quai lentement se rpandre. Et leport
		comme on coute un quelconque rapport.

		Et lorsque les lointains enfin se rejoignirent,
		la nuit fut ici-bas, ? vous dvisager;
		ne demeura quun mur en train de se dtruire
		sous les coups scintillants du burin constell.







		 
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Journal intime


		Priple songeur de la pluie
		dans le ruisseau des belles-lettres
		o? chaque point vient sur son i
		caserne, glise et bo?te ? lettres;

		o? la grand-rue
		vous est lindicateur
		des barri?res, du sort trompeur.
		Des ruptures, doutes, serments
		mon journal rest en suspens.




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Sil ny avait que la br?lure


		Sil ny avait que la br?lure.
		Qui perfore, de part en part!
		De ces cages qui font le monde,
		laquelle ne nous serait cellule?
		Si lon avait droit au dpart!
		Si le ciel nabdiquait sur les proches tangs!

		Sur les arcs, les fl?ches, sur les fils lectriques,
		ignorant les ordonnances sculptes,
		si les nuages en lambeaux
		ne venaient schouer
		sur ld?me des toits,
		sur lasthme des traverses, des billots,
		au risque dy laisser leur image idyllique!

		Sil ny avait le heurt des roues!
		Sil ny avait la nuit!
		Si le sanglot du jour restant faisait silence,
		quand tu ne peux plus rien pour secourir
		ceux qui, passionnment, esp?rent assistance.

		Et le printemps, sil ne fallait lattendre!
		R?ver de l?vres
		Perdues les illusions, tout pardonner et fondre
		au cCur des neiges alta?ques,
		face crase sur le catafalque dunroc.







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Sparation


		Imagine
		que le ciel perde ses toiles,
		que le soleil svisse en pays plat,
		que le monde clart, unit maximales
		Eh bien, rompre avec celle que tu aimes
		cest?a.




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Je souffre toujours moins le tumulte des gares


		Je souffre toujours moins le tumulte des gares,
		les files dattente pensum obligatoire;
		lennui des locuteurs occasionnels;
		le positif que lon apprend par cCur;
		le bien-penser, le bien-parler qui vous cCure.

		Je ne supporte plus les probl?mes sans terme,
		vulgarit, bassesse ? chaquepas;
		ma propre impuissance
		devant ceux qui te bernent;
		et de me savoir dcliner
		je ne supportepas.




 


		   
		   
		   ,
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Orage lanuit


		Tu prends sur la cr?te de feu de lcriture
		par les plaines nielles de for?ts et de lacs,
		sallume lincendie des nues taciturnes,
		et scroule en tornade, en coules de gravats.




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Reste que lenvole nous revient au prix fort


		Reste que lenvole nous revient au prix fort
		La poigne recueillie, un coup de vent lemporte.
		Nous sculptons nos amours comme laroport

		Ici, rien nest donn. Il faut quon vous larrache.
		La diffrence saute aux yeux, et tellement
		que les ciels sans la pluie et la pluie sans orage
		deviennent superflus. Vulnrable lment!

		Et quon ne parle pas sagesse. Ce torrent
		sappela de toujours dluge universel.
		Mais ?a nest pas le cur, cest ton ancien tourment
		qui flambe clair, comme au jardin les immortelles.




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Sur ce quai de station perdu dans les cong?res


		Sur ce quai de station perdu dans les cong?res,
		tu attends seul,
		dsempar et aloubli
		la vie est passedans
		une aura printani?re,
		la plaque mentionnait un bref transit.







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Icare


		Le bois fourmille au sol, jardin dhymnopt?res.
		Les jambes nues, l?-haut, jouent lair du papillon.
		Les nuages, tout pr?s, dictent ce quil faut faire.
		Mais ce nest pas ton tour encore, mon gar?on.

		Pourtant il vole, lui Faisant mentir laloi.
		Ainsi quun hanneton. (Il ne le devrait pas.)
		Ainsi que lhirondelle au ras des pentes,
		? les toucher sur son aire glissante.




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Il ny apas de r?gle. tait-ce bien la veille


		Il ny apas de r?gle. tait-ce bien la veille
		que tu nageais, lis deau, dans cet tang?
		Voici que le fond dur en toi sveille,
		et laventure choue aux examens du temps.

		Je suis patient. Le jour nest pas pr?s de finir,
		jach?ve ton portrait. Mue-toi en alouette,
		emporte au ciel la fi?vre du dsir,
		sur notre visage, tu vois, il se refl?te.







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Alamer


		Omer! Myst?re allant chercher les fonds.
		Immensits, lointains vanouis au large.
		La steppe accourt ? toi, faire gnuflexion,
		au travers des deltas se frayant le passage.

		Mais tu lagres. Et la montagne tu lagres.
		L?ches les ports, leur piderme fatigu,
		de ta langue dcume habile ? rcurage.

		Nous aussi nous venons te trouver, hommeslas.
		Tu nous agres, comme les limans et les fleuves;
		tu as loreille ? nos espoirs, ? nos tracas,
		au jeu fluctuant de nos succ?s, nos preuves.

		Tu nettoies avec soin nos blessures, nos plaies,
		si bien qu? la senteur des algues et de liode
		les probl?mes sen vont, bizarre nous para?t
		ce qui fit nos chagrins la derni?re priode.

		Mais ne serait-ce pas ta vocation, au fond,
		au fil de ces mares dont tu r?gles les ?ges,
		de verser dans les curs lampleur de lhorizon,
		lnormit du ciel, lmoi qui sen propage?




 


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Dluge lanuit


		Fen?tre ouverte sur le monde!
		L?-bas,
		laverse surprend le jardin,
		le pointill bleu de la foudre
		transperce la nuit en moins dun.
		L?-bas,
		ce sont les grandes eaux! La danse
		des ombres, des branches. Le crash
		Le quai inond prend sa chance,
		cette pluie folle, il la recrache.
		L?-bas,
		piste dun soir pour jeux nautiques,
		discoth?que des jouvenceaux,
		tournoi des feuilles extatiques
		dans le dluge, les ruisseaux.
		L?-bas,
		la nuit ructe des cascades,
		elle baigne dans lor des clairs;
		roulant des toits en cataracte,
		leau rebondit ? grands jets clairs.
		L?-bas,
		la haie mouille des rverb?res
		remue ses jaunes lumignons,
		ils auraient aim, tant qu? faire,
		pour la fiesta dautres lampions.
		Laube lopard tachet
		se glisse ? pas de loup et saute;
		ly pousse? la curiosit:
		tant deau, ces arbres qui barbotent.

		Cest l? quen attard f?tard,
		claque un dernier coup de tonnerre,
		il croule au loin, revient, repart,
		et le mur deau fait marche arri?re
		glas flamboyant du point dujour
		? lunisson de cet exode
		Tu dormais en paix, mon amour,
		dans le jardin tombaient des cordes.







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Bient?t le dgel


		Laube court sallumer
		dans de premi?res flaches.
		Les champs restent en neige,
		mais r?ve ? mars le bois.
		Dans le pli de tesyeux
		et les ris de ta bouche,
		printemps rince leciel
		comme on rince ses draps.




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Regagner le rivage


		Le printemps fuserait en verdissantes pluies,
		me ferait suffoquer lmotion ? la crue.
		Ce serait la noyade
		Je nai plus pied ici
		nager comme cuyer; oui, ? r?nes perdues.




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Nous tions deux, et nous plongions


		Nous tions deux, et nous plongions,
		comme les bois dans le couchant!
		Comme un bourdon heurtant la vitre!
		Nous tions deux, et dans nos yeux absents
		le ciel ? travers branches et surgeons
		coulait, mtal liquide.




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Car je te cres avec du r?ve


		Car je te cres avec du r?ve
		Et dans mon souvenir, je veux que tu demeures
		comme sisme apr?s la tr?ve,
		ou quelque autre force majeure.

		Je te cres avec les jours qui vont,
		ces jours en f?te printani?re
		qui plus denses, plus pleins noussont
		que les jardins en beaut de la terre.

		Je te quitte sans un mot superflu
		pour moi, tu resteras ce marbre
		Ton toit retourne au silence entendu,
		de quoi nourrir des proches la palabre.




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Le parc de lh?pital serait plut?t petit


		Le parc de lh?pital serait plut?t petit.
		Mais cest assez douvrir la porte,
		et le voil? qui fuit!
		(Ce patient-l?, savoir quelle intention le porte?)

		Bruissant toute feuille, jusquau lever dujour
		il apris son mal en patience,
		un peu comme le ma?on tombant court
		devant un plan qui dpasse sa science.

		Le parc aprfr senfermer sur lui-m?me,
		ne plus donner signe devie,
		en attendant que le soleil nessaime
		de nouveau sa chaleur, son moi ? lenvi.

		Il nest plus que les roses pour fleurir
		sans accuser de tous les maux le diable.
		Elles ont plus que chaud,
		mais ce feu-l? est un plaisir
		venu du ciel et donc, incomparable.







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Dpart


		Tout ce qui fut, qui peut encore se produire,
		nous est un prsent du destin.
		Dans la ralit, ou nest-ce que mon r?ve?
		moi, l? toujours sur ton chemin.

		Ces pages de lettre rdiges ? la brune
		seront dictes par les feux du couchant:
		senvolent les derniers passereaux de lautomne,
		notre jardin, sonn, court au nant




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Ce serait une erreur. Sans doute pas ?moi


		Ce serait une erreur. Sans doute pas ?moi.
		Et dans une autre pi?ce abonne du cothurne
		le destin dtachait des tn?bres cesoir
		bien fait pour Boulgakov, pour sa ville nocturne.

		Un autre ma?tre ici paraissait destin
		? croiser par hasard sa gente Marguerite.
		Mais la page, quelquun lentement latourne,
		de main autoritaire et sans souci des suites.

		Celui-l? faisait foi ? nos sens, notre tact.
		Quelque chose pourtant drglait laventure
		des minutes dfaut? mouvement inexact?
		plus rien du convenu en premi?re lecture.

		Mais il savait que tout allait ? contre-voie.
		Que lombre des maisons sab?mait dans le doute.
		Que sgarer ici ne nous co?teraitpas,
		quoique loption ne f?t la plus sense de toutes.

		Il pouvait ? loisir, en battant son briquet,
		remettre sur le cap et sauver la gageure,
		nous tra?ant au plus bref le tr?s-juste trajet
		? lcart du lacis des ruelles obscures.

		Le temps lui amanqu Bien quil s?t d?s avant
		que partout les regards convergent sur la belle.
		Que son entre en sc?ne alieu incessamment.
		Quen nos jeunes annes, lg?re est la cervelle.




   


		   
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De toute ta beaut impertinente


		De toute ta beaut impertinente,
		tu envoies le monde rouler
		comme tornade
		et sans regret,
		du haut de ton Olympe sur la pente.

		Aquelles fins?
		Pour que sur tes ports
		le soleil sab?me
		dans un ciel embras堗
		un phare!
		et se meure en lan?ant des appels au renfort.

		Oui,
		pour que les mains de lhomme de barre
		guident le galion
		(? grand pavois fi?rement annonc)
		dans tes bras pour commencer,
		apr?s quoi seulement, les toiles
		Pas dautre solution.







		  
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Lever de soleil


		Laurore mue feuillette
		les souvenirs ? des ombres pareils;
		lheure o? la feuille de printemps
		bruit et sinqui?te
		sur les bois monte le soleil,
		en clart le ciel clatant

		Et coule lincendie des passions galactiques,
		le signe avant-coureur dun t lectrique.







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Orage


		Dcouverte de la beaut堗
		prsent, exploration!
		Tes traits, ma bien-aime,
		me sont voile en la mer dInspiration

		Jordonne: attaque tonnerre au canon
		cette chaleur sonnante demidi
		qui implose comme chape de plomb,
		et scroulent les cieux torrents de pluie!







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Montagnes


		Cette piste qui plonge vers la plaine
		autant piquer dans lab?me dun bond.
		Qui rel?ve le dfi des moraines
		certainement nest pas un fanfaron.

		Et les herbes, leurs senteurs capiteuses!
		Le sol nous manque, il sen faudrait depeu
		Le style est haut, llocution srieuse
		le po?me rejoint ici les dieux.







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Lecol


		Depuis ce col, dcouvre mon regard
		les fols lacets de routes folles,
		la plaine en vert cama?eu dCuvre dart,
		le grand massif o? la for?t somnole.

		Les secondes sgr?nent ainsi quombre
		dintemprie, vCu de silence adhoc
		Rupture, ici, angoisses, ides sombres,
		tout en ce lieu se grave dans leroc.




 


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Sur labaie


		Baisser les yeux eaux tales commeun
		miroir, guettant le souffle davant laube;
		bastions, redans tissant un front commun
		et fl?ches dor dglises en maraude.

		L?-bas r?gne lindestructiblepaix
		de ces criques serties dans la rocaille.
		L?-bas, la baie dessine larc parfait
		courant chercher la mer si loin quelle aille.









 





COLLINES ENVIRONNANTES


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l?le


		Bnis soient cette ?le, cette ville, ce toit,
		Bnis cette contre, cette mer aussi vaste
		que locan de songe, un jour, quelle engendra;
		cette terre prodigue damiti et de fastes.

		Bnies soient les maisons aux murs crpis de blanc,
		aux tuiles romaines faisant sonner le rouge;
		ici est inconnu ce pis accablant
		qui suggrerait moins le logis que le bouge.

		Bnis, le cort?ge des montagnes sans?ge
		o? ton projet aussi vient sinscrire en son lieu;
		bnie, la procession changeante des nuages
		dont lombre nous accorde un rpit dlicieux.

		Bnis, le vert patchwork des prs, des p?turages,
		et ces jardins en fleurs, et ces oliveraies,
		ces rivi?res presses de courir ? la plage,
		plonger sous le viaduc et se fondre ? la baie.

		Bnis, les hommes fiers dont les travaux passs
		perptuent la valeur dune br?ve existence,
		ces champs dun bl quils ont sem et moissonn,
		pareil au bl volgien, par-del? les distances.

		Bnis certains dentre eux, de mrite plus haut,
		qui ont marqu ces lieux de leurs actions parfaites
		lap?tre qui tra?a le code le plus beau,
		la femme qui sera la m?re dun proph?te.







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Saint-Petersbourg

H?tel de la Monnaie


		Embrasement vernal, vient le temps des nuits blanches.
		La ville dort encore; sa fl?che au ciel brandie,
		le sanctuaire abeau surveiller la mouvance,
		pas ?me qui vive dans les rues endormies.

		Le fleuve roule des eaux de calme majest.
		Les ponts ont soulev leurs ailes silencieuses.
		En rserve un instant sous les vo?tes rest,
		le mutisme investit la vieille forteresse.

		Sur le pav luisant des places astiques
		des flaques sallument. Les lions en ronde-bosse,
		jaloux des fr?res sphinx reposant sur le quai,
		se morfondent debout sous les fen?tres closes.

		Cest l? quun carillon aux voix polyphoniques
		tire de sa torpeur laust?re travertin,
		et la claire sonnaille des courtines sapplique
		? porter au bronze des rpons cristallins.

		Ce nest pas long. La paix revient. Lmoi steint.
		Le fort ? son repos lgitime retourne.
		Et la Monnaie sur le qui-vive
		seule lajourne
		car on frappe l?-bas la musique dairain.







		 
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Retour


		Faire le point, comprendre
		Et retrouver confiance.
		En finir des doutes, une fois ? jamais.
		Oublier le pass, ses pertes, ses crances
		ainsi ouvre-t-on ses volets
		matin au mois demai!

		?me lg?re
		et t?te claire,
		interceptant ton regard
		sign du myst?re,
		je te sourirais:
		ce qui tchut l?-bas,
		ici ce qui mchoit,
		comment les autres le sauraient?

		Et puis, pourquoi?
		Je baise tes mains,
		ton visage dfait que larmes envahissent,
		et jaccepte ruptures et chagrins,
		sans demander ? quiconque justice.




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Je ne fus pas un don Juan, chrie. Du tout


Les bois nauseux

de chaleur lilasse

B.Pasternak




		Je ne fus pas un don Juan, chrie. Du tout.
		Si mon ?me faillit, ce fut ? dautres causes,
		et jai pu oublier daimables rendez-vous
		car le couchant flambait sur des taillis en rose.

		Au point de ces aurores purpurines,
		ou au znith quand triomphe midi,
		le soleil mtait une benne demine
		plongeant dans ma poitrine
		ainsi que dans un puits.

		Et je men allais seul fl?ner dans les tourbi?res,
		me frayer un chemin dans le maquis.
		La for?t bruissante
		mtait une arche de lumi?re
		sur un sol vou ? noire sorcellerie.




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Fleurs par milliers euss-je su les noms


Il est des noms

Marina Tsvta?va




		Fleurs par milliers euss-je su les noms,
		je les aurais tous dits, en eux tonnom.
		Secrets du ciel et du po?me les euss-je percs,
		me rongerais de jalousie
		pour les ondes et pour les rimes.

		Aurais-je encore ? choisir lor des mots,
		ce serait ou . automne, sorbier rubicond
		Ton nom est ?pret du fruit nouveau,
		est flamme sourde des feux defond
		Euss-je t le dmon dchu du po?te,
		au ciel!
		cho en perdition,
		? l?vres calcines,
		? ailes friselantes
		montagnes du Caucase!
		en elles tonnom




     


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En toi je reconnais sesus


		En toi je reconnais sesus,
		quand, lair absent des ingnues,
		elle op?re un soudain retrait
		? moi den trouver le secret.

		Celui-ci se situe hors tes heurs,
		? la surface / en profondeur;
		et si je pouvais retracer
		tous les chemins de ton pass,
		il appara?trait quelle ettoi,
		surgies au znith de monmoi
		sur deux orbites haut croises,
		aveuglantes et dsires,
		vous ?tes comme deux plan?tes irises,
		lespace est aboli par leur clat.




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Mais o? sont-ils, Gatchina, Tsarsko? Slo?..


		Mais o? sont-ils, Gatchina, Tsarsko? Slo?
		Dans quel songe oubli de moi, quelles errances?
		Sils ont bonne fortune, est-ce encore avectoi
		qui partages leur sort et vis leur existence?

		Ni lune ni lautre, lCil narquois, ne te mentent
		quand tu viens dans le parc changer quelques mots,
		cest un lieu que tu sais rpondre ? tes attentes,
		et pour moi le dfi nest nullement nouveau







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En attendant


		Que lhiver, l?, brusquement se dclare
		ils fuiraient vite en ville, comme un seul
		Et le liman, son vent dur, ses brouillards
		auraient t?t fait de remonter moncol.

		Les navires surpris par le flot boral
		croiseraient au large sous le couvert des ?les,
		la neige serrerait la plaine dans son ch?le.
		La montagne? Elle irait seffacer dans la bruine







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Le phare


		De bas et lourds nuages barrant lhorizon.
		La mer, au teint plomb toujours plus grave.
		Les vagues, contre le m?le donnant de ltrave.
		Comme autant de voiles, les crocs blancs des gla?ons.

		Et au bourg, les volets qui claquent en dsordre
		Mais sinstalle un silence ouat et caressant
		la neige ainsi se signale aux passants,
		ils dsertent la rue car le froid pourrait mordre.

		Une lueur despoir sallume toutefois
		le phare! et dans le ciel, du rouge perce.
		Alors, suivi des chienss.d.f. de lendroit,
		je men reviens fl?ner sur la c?te dserte.

		Un soir bien fait pour la mditation:
		la vie, au cours si bref, aux fins obscures,
		qui par un jour gris, froid, peupl de ces gla?ons,
		roulera au nant
		telle une goutte ultime de mercure;

		la posie, tremblant embrun tout en finesse,
		le jusant ne va-t-il leffacer cette nuit?
		Reste lamour ses feux dbordants nont de cesse
		quils lemportent sur ceux dun soir dhiver transi







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Jardin en automne


		Lorsque lamour de nouveau te talonne,
		tu es comme un verger
		charg des fruits
		de ton labeur,
		du labeur de lautomne.
		Et les branchent ploient bas sous sea produits.







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Nuit


		Tu dis, cest lautomne? Le vent? La pluie?
		L?-bas! regarde mieux:
		ils volent dans le noir
		coute: tonnom!
		ils tappellent,oui
		Ouvre la fen?tre
		le sens-tu ce regard?




 


		   
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Vin de Dnia


		Mettons que dans la cruche sur la table
		ce sombre rouge soit duvin
		Tu pris la peine, lors dun voyage,
		den rapporter un solaire couffin.

		Les pommes seules manqueraient au rite,
		et leur perversit est bien connue;
		mais comment, sans motif qui le mrite,
		le boirions-nous, ce vin, ? fond decul?




 


		     
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Le po?te et samuse


		Le po?te, lamie, ne vivre quun seuljour
		lun sans lautre? Ne f?t quune minute,
		oublier par moments le mal damour?




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   ,     (https://www.litres.ru/book/uriy-berdnikov/lubov-kak-tainstvo-traktuya-lamour-declaine-comme-le-myster-63936822/)  .

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